Je me suis demandé comment je devais commencer ce billet. Quel titre allais-je lui donner? Quelle tonalité ? Et puis...je me suis dit que j'allais être spontanée et choisir les premiers mots qui me viendraient à l'esprit. Ce fut "Je me sens bien, je vais mieux". 
Il y a plusieurs semaines à présent, j'avais partagé ici beaucoup de souffrance, de solitude et de jugement. Je ne renie pas ces émotions, je n'en ai pas honte. Je me dis juste que je préfère aujourd'hui appeler vers moi le positif, l'attirer. Parce que oui. Le bonheur je suis sûre aujourd'hui que nous avons la capacité de l'amener à nous. Je m'explique. 
Je ne suis pas devenue une autre personne, rassurez-vous (ou pas....certains pourraient être déçus ha ha). 

J'ai passé un bel été. Il avait vraiment mal commencé. Beaucoup de colère, de remords, d'incompréhension, de souffrance...l'impression d'être pieds et poings liés alors que j'avais déjà la conviction que cette vie là n'était pas celle pour laquelle j'étais faite. en fait, je me rebellais d'une certaine façon. La cohabitation avec le voisinage compliquée, le sentiment de ne pas être à ma place dans cette région, l'envie de voir ailleurs (encore?), le désir de retrouver une vie "normale" (c'est quoi au juste?). Vous m'aviez répondu, réconfortée, perturbée aussi pour certaines...mais dans chaque commentaire, il y avait l'embryon d'une réflexion que j'ai poursuivie durant tout l'été.

J'ai revu ma région natale, j'ai revu mes amies, ma famille. Deux ans, ça faisait beaucoup. Je crois que seule ici sans ces repères, sans ces VRAIS contacts je devenais peu à peu folle (pouvoir toucher plutôt que lire des mots sur internet, se prendre dans les  bras, entendre le son d'une voix qui sort en direct live de la bouche de l'autre, petite vocalise magique) ou en tout cas, très, non trop fragile.  Je voyais la vie à travers un prisme tout gris.

J'ai refait le plein de verdure, de tendresse, de fous rire, de délires spirituels partagés, de longues conversations sur l'existence, de légèreté assumée, de blagues au second degré...de situations où tout coule de source parce que mes interlocuteurs me connaissent bien et m'aiment. La magie elle est là aussi.

Nous sommes revenus en Provence le coeur léger...et l'esprit plus éclairé.
Déménager ? oui peut être, mais pas pour nous compliquer la vie, plus pour nous isoler, mais pour nous relier. Ce sera dans le Sud ou dans l'Est mais ce sera . . . quand la vie nous fera signe. Oui oui, il semblerait que nous soyons parvenus à "lâcher prise". Nous avons posé nos valises chez nous avec délice. Le voisin ? On essaie de ne plus le voir, à défaut de le sentir encore (ou plutôt sa cigarette) (là, je ne vous cache pas que c'est encore difficile quand je suis obligée de rentrer et fermer les portes car l'odeur me file une migraine directement). Bref. Les gens ici ? Eh bien, croyez moi ou pas, lorsque j'ai publié ce billet assassin (oh ben oui....il l'était un peu non ?) je pense que j'avais atteint le point culminant de ma douleur, je ne pouvais pas davantage détester cet endroit...mon esprit a poussé une sorte de cri "J'envoie tout valdinguer, je m'en fiche, qu'ils se gardent leur amitié". J'ai tout rejeté en bloc, j'ai pleuré, puis....je me suis apaisée. Une promenade en bord de mer plus tard, je me sentais . . . BIEN :-)

Et là tout s'est enchaîné. Puisque je ne courais plus après l'amitié, la gentillesse et les sollicitations . . . voilà que l'on m'invitait: un café, un resto, aller courir. Je retrouvai le sourire. Un ami nous a présenté à ses parents (des gens extraordinaires), mon séjour en Alsace Lorraine, des conversations, des lectures, la reprise du sport et du yoga. Une caresse à une écorce d'arbre. J'ai regardé le ciel et les pins, un matin, en allant courir de bonne heure et j'ai VRAIMENT pensé: "MERCI". J'avais envie de pleurer de joie. Parce que oui, aujourd'hui ma vie est loin d'être parfaite. Elle ne le sera jamais bien entendu. Normale ? encore moins ;-) mais je me dis "c'est possible, je le mérite et cela arrivera". CELA= tant de choses, tant d'émotions positives, tant de bonheur.

"J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé" disait Voltaire. 

On ne peut pas décréter "Je suis heureux" alors qu'on ne l'est pas , que la vie nous impose des épreuves. Je ne dis pas que cet hiver, si les microbes viennent embêter ma petite je serais en train de sauter de joie une fleur à la main. Non, je serais angoissée, je risque de m'effondrer comme à chaque fois. Je dis que je refuse à présent de croire qu'il n'y a pas d'issue, que la vie ne peut pas offrir encore ses merveilles. Je refuse de croire qu'il n'y a pas ici une amie formidable qui partagera à la fois mon grain de folie et ma sensiblité artistique, mes délires de hippie et mon goût pour les séances de yoga dans la pinède -je vous ai prévenues n'est-ce pas? ;-) 

Oui j'ai décidé d'être heureuse et c'est vrai que c'est vachement bon pour la santé. Je vais en reprendre une part tiens. Venez, on partage ?

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